un texte de Anglade à lire sur beta-politique
Dans un monde économique qui part en lambeaux, regardez-les qui chevrotent leurs mantras, les libre-échangistes.
Sur les plateaux télés, dans les couloirs de l’Eurocratie, à Davos, dans la presse de droite et dans la presse de gauche dévoyée, ils errent, marmottant les prières de leur religion déchue. Pareils aux derniers des staliniens, ils cherchent dans les décombres la trace de leur foi dépassée.
Leur idéologie fut la dernière des grandes idéologies du XXe Siècle. Elle s’ancrait dans quelques idées simples : laisser les gens entreprendre et commercer, fluidifier les échanges, favoriser l’initiative, limiter l’intervention des Etats, faire confiance aux individus, préférer le commerce à la guerre... qui y trouverait à redire ?
Sauf qu’elle fut insensiblement confisquée par quelques-uns. Le principe de modération devint un axiome, une règle de foi. On supprima toute entrave à la concurrence déloyale de pays qui nous concurrençaient sans prendre la peine de protéger leurs populations, pour s’aligner, on commença à démanteler nos solidarités, nos protections, nos services publics. Pour tenter de capter ces capitaux que l’on avait exagérément fluidifié, on accepta de les rémunérer à outrance. 10 % du PIB passa en 15 ans des travailleurs vers les actionnaires.
On perdit de vue le sens de l’honneur, le sens du travail, le sens du service. Le rendement devint la seule règle et la seule fin.
Aveuglement ? Pas seulement, une petite oligarchie profitait de ce laxisme pour s’enrichir dans des proportions jamais atteintes. Par sécurité, elle inventa de rémunérer les dirigeants en fonction des revenus de son patrimoine. Ceux-ci se désolidarisèrent de leurs salariés, qui subirent la précarité la plus violente. Les ouvriers, d’abord, les ingénieurs, ensuite, presque tous désormais.
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